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La mort du chanteur Elliott Smith conserve une part de mystère, quinze ans après les faits

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Quinze ans déjà que la voix du chanteur américain Elliott Smith s’est tue. Quinze ans de mystère autour d’un décès dont la cause est encore à ce jour considérée comme « indéterminée ».
Neuf ans de carrière, cinq albums studio de son vivant (puis deux posthumes), une nomination aux Oscars pour la bande-originale du film « Good Will Hunting »… Elliott Smith, compositeur et interprète américain, a marqué l’histoire du rock alternatif par son indiscutable talent. Mais aussi par sa mystérieuse mort à l’âge de 34 ans, de deux coups de couteau dans la poitrine.
Le 21 octobre 2003, Elliott se dispute avec sa petite amie de l’époque, Jennifer Chiba. Cette dernière s’enferme dans la salle de bain pour prendre une douche, selon le rapport de police. Puis elle l’entend crier, sort de la salle de bain et le trouve debout avec un couteau planté dans la poitrine. Jennifer Chiba retire la lame, Elliott Smith s’évanouit et elle appelle les secours à 12 h 18. Le décès est déclaré à 13 h 36. Quinze ans plus tard, la cause de la mort du chanteur reste « indéterminée », et l’affaire est close.
La thèse du suicide avancée…
« I can’t prepare for death anymore than I already have » (“Je be peux me préparer davantage à la mort que je l’ai déjà fait”), chante Elliott Smith dans son morceau “King’s Crossing”. Il n’est pas vraiment difficile de croire au suicide du chanteur, tant ses textes – et ses mélodies – portent le poids d’une vie tourmentée. Abusé sexuellement dans son enfance, il a enchaîné les addictions aux drogues et à l’alcool depuis son adolescence, et n’a jamais caché ses tendances dépressives.
JD Beauvallet, rédacteur en chef aux Inrockuptibles, l’a rencontré en 1998. « Je l’ai d’abord rejoint dans un appartement de Brooklyn qu’il partageait avec un ami », se souvient-il pour France 24. « Mais il n’y avait nulle part où s’asseoir tellement il y avait de tableaux, de peintures… On est allés dans une taverne en bas de chez lui, et on a discuté jusqu’à ce que la nuit tombe. À la fin, quand je suis parti, il m’a dit : ‘Non reste un peu.’ Il a insisté comme s’il avait la trouille de se retrouver seul avec ses angoisses », raconte-t-il.
Dans le rapport d’autopsie – que le Los Angeles County Dept. of Medical Examiner-Coroner a fait parvenir à France 24 –, un mot d’adieu est d’ailleurs mentionné par les détectives. « Un Post-it posé sur la table de la cuisine pourrait être une lettre d’adieu. Y sont inscrites les phrases ‘Je suis désolé’ et ‘Que Dieu me pardonne’, et l’écriture d’Elliott Smith est identifiée.
Seulement, le mot n’est pas daté, d’où la présence du conditionnel dans le rapport d’autopsie, qui qualifie le bout de papier comme « possible mot d’adieu ». Autre élément troublant, le court message est signé « Eliott », mais les enquêteurs ont rapidement admis que la faute d’orthographe n’était pas présente sur le Post-it. Il s’agit en fait d’une erreur de la part du détective lors de la rédaction du rapport d’autopsie.