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Littérature : l’auteur français Maxime Chattam sème la terreur en Nouvelle-Angleterre

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C’est une petite ville paumée de la Nouvelle-Angleterre, « presque un village au fond d’un trou, à peine sauvée par la présence de l’océan sur son flan »,Mahingan Falls semble un lieu paisible. En apparence seulement. Situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Salem, cité du Massachusetts célèbre pour son procès en sorcellerie courant 1692, cet endroit retiré du monde demeure un repaire de bootleggers, « avec les règlements de compte qu’on imagine ».
Elle abrita en son sein, Roscoe Claremont, appelé « le tueur en série des falaises« . C’est là que débarque un jour Tom Spencer, dramaturge auteur de « La franchise des morts » et « Amertumes », un écrivain rationaliste qui ne croit pas au mythe de l’inspiration (« L’inspiration est à l’écrivain ce que la religion est à l’humanité« ), mais à la seule force du travail.
Entouré de sa femme Olivia Spencer-Burdock, présentatrice star de la télévision, qui, à la suite d’un burn-out professionnel, a tout plaqué pour le suivre, et de ses enfants Chad et Owen, il vient d’acheter une maison où un ancien propriétaire, le sociologue Gary Tully s’est suicidé dans les années 1970. On y entend des hurlements inhumains, des cris de bête qu’on mutile. On y voit des chauves-souris venir s’y suicider et on découvre que des fantômes hantent les lieux.
Ajoutez des disparitions mystérieuses, des meurtres inexpliqués, des jeunes filles maltraitées, une nounou d’enfer en la personne de Gemma Dune, Corey et Connor, les nouveaux amis de Chad et Owen, baby Zoe, la présence de l’inspecteur Ethan Cobb, perplexe et incrédule, sans oublier l’inquiétant Alec Orlacher, fondateur d’OCP – je vous laisse le soin de découvrir de qui et de quoi il s’agit -, et vous aurez les ingrédients et personnages principaux du nouveau roman de Maxime Chattam.
Voici donc un hommage direct à Stephen King et Lovecraft, pour leur propension à créer une ville maudite et des maisons hantées. Récit d’épouvante, Le signal, où l’on entrevoit une chose effrayante pourchassant les adolescents dans la forêt, s’impose comme un des meilleurs livres de son auteur. Il part de situations réalistes. Il fait basculer l’histoire dans le fantastique, en optant pour des dialogues précis et des descriptions oniriques annonciatrices de drames effroyables. Il faudra peut-être bien que les hommes et les femmes de bonne volonté éteignent ce signal qui donne le titre de l’ouvrage pour que la quiétude revienne. Mais le chemin sera d’autant plus long et périlleux que tout le monde semble dépassé par les événements.
Passionnant, terrifiant et n’ayant rien à envier aux grands livres américains du genre, voilà un roman sur l’éternelle question du bien et du mal. On est heureux d’y trouver en filigrane un clin d’oeil amical lancé par Maxime Chattam à son complice Christian Lehmann, médecin et romancier, auteur de livres exceptionnels tels que La Folie Kennaway (1988), La Tribu (1990), Un monde sans crime (1993), ou L’Évangile selon Caïn (1995). Quant aux morts-vivants, avec Chattam, ils n’ont qu’à bien se tenir.
« Le signal », par Maxime ChattamChez Albin Michel, 741 pages, 23,90€