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Littérature : les prix Médicis, Goncourt et Renaudot dévoilés cette semaine

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Les palmarès des grands prix littéraires de l’automne seront connus dès ce début de semaine. C’est le prix Femina qui ouvrira le bal lundi. David Diop fait partie des favoris des quatre grands prix décernés en ce début novembre.

Cette semaine sera cruciale pour de nombreux auteurs. Le genre de semaine qui peut permettre à certains écrivains de lancer leur carrière. Ce lundi débute l’annonce des palmarès des grands prix littéraires de l’automne. Quatre noms sont attendus : les lauréats des prix Femina, Médicis, Goncourt et Renaudot. Et ce sont les dames du prix Femina qui ouvriront le bal, lundi. Elles seront suivies par le jury du prix Médicis mardi. L’attribution des prix Goncourt et Renaudot se fera mercredi.

Quatre prétendants sont en lice pour le Goncourt, le plus convoité des prix littéraires du monde francophone : David Diop, 52 ans, pour Frère d’âme (Seuil), Paul Greveillac, 37 ans, pour Maîtres et esclaves (Gallimard), Nicolas Mathieu, 40 ans, pour Leurs enfants après eux (Actes Sud) et Thomas B. Reverdy, 44 ans, pour L’Hiverdu mécontentement (Flammarion). Qui succédera à Éric Vuillard, lauréat du Goncourt l’an dernier ? Comme chaque année, le magazine professionnel Livres Hebdo a interrogé 17 journalistes littéraires, dont celui de l’Agence France-Presse, pour recueillir leur pronostic.

David Diop, le grand favori du Goncourt

Si les intuitions de ces journalistes sont correctes, David Diop, seul auteur à figurer quasiment dans toutes les sélections (il est également en lice pour le Femina, le Médicis et le Renaudot), devrait décrocher la timbale. Une majorité de journalistes (9 sur 17) le voit obtenir le prix. Alors qu’on célèbre le centenaire de la fin de la Grande Guerre, Frère d’âme nous ramène dans l’enfer des tranchées. L’histoire est racontée par un tirailleur sénégalais qui sombre dans la folie après la mort d’un de ses compagnons d’armes.

Paul Greveillac a obtenu trois voix, Nicolas Mathieu et Thomas B. Reverdy une voix, tandis que trois critiques ont refusé de se prononcer. Livres Hebdo ne se contente pas de demander aux journalistes spécialisés qui, selon eux, aura le Goncourt, mais également qui aurait mérité de l’avoir. À cette question, le nom de Philippe Lançon revient le plus souvent. Mais Le Lambeau(Gallimard), le livre du rescapé de l’attentat de Charlie Hebdo, n’a pas été retenu par le jury du Goncourt.

« Ce roman n’est pas une œuvre d’imagination, c’est un témoignage […], c’est un très bon livre, peut-être l’un des plus beaux de l’année, mais ça ne correspond pas à ce qu’attend le Goncourt, c’est-à-dire couronner un roman d’imagination », s’est justifié Bernard Pivot, le président du Goncourt. Pour beaucoup, cette décision est une erreur. Ne pas avoir retenu Lançon est « une boulette Goncourt grand cru, digne des Loups de Guy Mazeline, l’emportant (en 1932) sur Voyage au bout de la nuit de Céline », estime ainsi Baptiste Liger, directeur de la rédaction de Lire.

Des prix boosters de vente

Lauréat en septembre du prix Roman News, Philippe Lançon a indirectement répondu à Bernard Pivot en expliquant que son œuvre était bien « une œuvre d’imagination comme tout acte de création ». « Je n’ai pas imaginé ce que j’ai vécu du 7 janvier au 13 novembre 2015. Je n’ai rien imaginé de ce que je raconte. Mais j’ai imaginé comment l’écrire et le composer », a-t-il souligné en recevant son prix. Le jury du Femina et celui du Renaudot ont fait le choix inverse du Goncourt, en retenant Philippe Lançon parmi leurs finalistes.

Le Goncourt et le Renaudot seront proclamés mercredi peu avant 13 heures au restaurant Drouant, non loin de l’Opéra de Paris. Didier Decoin, secrétaire général de l’Académie Goncourt, prendra la parole en premier, suivi de Louis Gardel, qui préside cette année le jury du Renaudot. Le Femina sera proclamé lundi dans un salon du très chic Cercle de l’Union interallié, à deux pas de l’Élysée, tandis que le Médicis fera connaître son choix au restaurant La Méditerranée, place de l’Odéon.

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Un Goncourt s’écoule en moyenne à plus de 400 000 exemplaires, le Renaudot à plus de 250 000, le Femina à 60 000 exemplaires et le Médicis à 45 000. Alors que la rentrée littéraire d’automne a été marquée par une profusion de premiers romans (94 au total, du jamais-vu depuis 2007), un seul premier roman est en lice pour un prix littéraire. C’est le Médicis qui a fait ce choix audacieux en retenant Ça raconte Sarah (Minuit) de Pauline Delabroy-Allard.