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Mort de l’écrivain et dissident russe Anatoli Gladiline

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L’écrivain et dissident russe Anatoli Gladiline a mis fin à ses jours mardi dans son appartement à Châtillon, à l’âge de 84 ans. Né à Moscou en 1935 d’un père juriste et d’une mère médecin, Gladiline fait ses études à l’Institut de littérature Gorki. La première consécration vient à l’âge de 20 ans, alors qu’il est encore étudiant, avec Chronique des temps de Victor Podgourski, publiéе en 1956 dans la revue Iounost, une nouvelle dans laquelle l’écrivain se penche sur le thème de l’inquiétude et de la solitude intérieure d’un homme sincère qui vit dans un monde de valeurs réglementées.
Acclamé par la jeunesse, il est accusé d’anticonformisme par la critique officielle. Dans les années 60, c’est l’un des prosateurs soviétiques les plus prometteurs de sa génération, aux côtés de Vassili Axionov, Boulat Okoudjava et Bella Akhmadoulina, avec lesquels ils forment un groupe de jeunes écrivains avant-gardistes.
Gladiline écrit une dizaine de romans tirés à plus d’un million d’exemplaires. En 1965-1966, il prend ouvertement position contre la condamnation des écrivains Andreï Siniavski et Iouli Daniel, dont le procès retentissant a été un moment charnière dans l’histoire des dissidents soviétiques. En 1976, Anatoli Gladiline est forcé à l’émigration, avec sa famille. A Paris, il travaille pour les radios Liberté et Deutsche Welle, tout en continuant d’écrire des romans traduits en plusieurs langues, dont le Grand Derby de Moscou (Albin Michel, 1984). Il laisse son épouse Maria, et deux filles, Aline et Liza.