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Passe d’arme entre la Chine et les Etats-Unis en marge du sommet de l’Apec

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La Chine et les Etats-Unis ont exposé ce samedi 17 novembre l’étendue de leurs divergences en amont du sommet de l’Apec à Port Moresby, en s’écharpant sur le protectionnisme et le commerce sur fond de lutte d’influence dans le Pacifique.
Cette passe d’armes entre la Chine et les Etats-Unis s’est déroulée au travers de deux discours consécutifs du président chinois Xi Jinping puis du vice-président américain Mike Pence à la tribune d’un pourtant très policé forum de chefs d’entreprise précédant le rendez-vous annuel de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec).
Trump fait l’impasse sur le sommet
En l’absence du président américain Donald Trump qui avait choisi de faire l’impasse sur ce rassemblement, Xi Jinping est incontestablement la figure la plus en vue d’un sommet qui a cette année pour improbable cadre une capitale papouasienne à l’insécurité notoire. Le leader chinois a dénoncé samedi matin le protectionnisme et la politique de « L’Amérique d’abord », affirmant que les règles du commerce mondial de devaient pas servir des « agendas égoïstes ».
Chine et Etats-Unis sont enferrés dans une guerre commerciale qui pourrait, selon les experts, être désastreuse pour l’économie mondiale. Washington, et Pékin dans la foulée, ont imposé ces derniers mois des droits de douane punitifs à leurs importations mutuelles, mais l’excédent bilatéral chinois n’a fait que continuer à battre des records.
« Une approche à court terme vouée à l’échec »
« Les tentatives d’ériger des barrières et de briser les relations économiques étroites sont contraires aux lois économiques et au sens de l’histoire. C’est une approche à court terme qui est vouée à l’échec », a affirmé le président chinois. « Non au protectionnisme et à l’unilatéralisme », a-t-il ajouté dans une attaque directe de la politique américaine.
Montant quelques minutes plus tard à la même tribune, Mike Pence a riposté, combatif, en expliquant que Washington ne céderait pas sur les questions douanières. « Nous avons imposé des taxes sur 250 milliards de dollars de biens chinois, et ce chiffre pourrait encore plus que doubler », a menacé le vice-président américain. « Nous espérons une amélioration, mais les Etats-Unis ne changeront pas de comportement tant que la Chine n’aura pas changé son attitude ».
Pence absent de la photo de famille
Le sommet de l’Apec, qui s’est ouvert ensuite, se tient sur fond de lutte d’influence entre une Chine de plus en plus présente dans la région et des Etats-Unis en retrait. Ce qui a été illustré par la première « photo de famille » des dirigeants, Xi Jinping en était au centre, Mike Pence en était absent.
Toutefois, comme pour démentir tout désengagement américain, le vice-président a annoncé que Washington s’associerait au développement en Papouasie d’une base navale de l’Australie, autre Etat redoutant les visées chinoises dans le Pacifique. Dans un autre geste susceptible d’irriter Pékin, le vice-président américain a brièvement rencontré les représentants de la délégation taïwanaise.