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RDC : monter la pression en affirmant connaître le vainqueur de l’élection

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Les évêques congolais, qui ont déployé plus de 40 000 observateurs pour surveiller le déroulement de l’élection présidentielle, ont demandé jeudi la vérité aux autorités sur le scrutin, dont les résultats ne sont toujours pas connus. 

Alors que les résultats de la présidentielle du 30 décembre se font toujours attendre, les évêques congolais ont décidé jeudi de taper du poing sur la table. L’Église catholique a repris son rôle de contre-pouvoir en république démocratique du Congo en affirmant connaître le nom du vainqueur de l’élection présidentielle, rapporte Radio Okapisur son site Internet.

La conférence épiscopale (Cenco) “constate que les données à sa disposition issues des procès-verbaux des bureaux de vote consacrent le choix d’un candidat comme président de la République”, a-t-elle indiqué en présentant le rapport préliminaire de ses observateurs électoraux. Une manière de faire pression sur la commission électorale (Ceni) et d’exiger la vérité sur ce scrutin, entaché de nombreux soupçons de fraude et marqué par des attaques contre la presse. Jeudi soir, la correspondante de la radio RFI, Florence Morice, a notamment été contrainte de quitter Kinshasa, accusée par les autorités d’avoir dévoilé des résultats.

À Kinshasa, “les résidents stockent de la nourriture” en prévision d’éventuels troubles

L’Église catholique congolaise, l’une des institutions les plus crédibles du pays, a déployé plus de 40 000 observateurs pour surveiller le déroulement de l’élection présidentielle, censée marquer le premier transfert démocratique du pouvoir, après les dix-sept ans de règne de Joseph Kabila.

Bien que des sondages publiés avant l’élection placent Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, candidats d’opposition, en tête, de nombreux observateurs “craignent qu’Emmanuel Ramazani Shadary (le dauphin de Joseph Kabila) soit déclaré vainqueur de façon frauduleuse”, noteThe Economist“S’il perd, les responsables peuvent trouver un prétexte pour invalider l’élection. Dans les deux cas, des manifestants vont sans aucun doute descendre dans la rue. Les consultants en gestions des risques sont en train d’avertir leurs clients de quitter le pays. Les résidents de Kinshasa ont commencé à stocker de la nourriture pour pouvoir tenir si nécessaire. Le Congo attend”, conclut le magazine britannique.

“Plus l’attente sera longue, plus le grabuge sera grand”

Dans ce contexte explosif, le président de la Commission électorale congolaise, Corneille Nangaa, a cherché à préparer les esprits à un report de la proclamation des résultats provisoires, originellement prévue “au plus tard” dimanche 6 janvier.

“Tous les ingrédients sont réunis pour une déflagration”, estime le journaliste Outélé Keita dans le quotidien burkinabé Le Pays. “Plus l’attente sera longue, plus le grabuge redouté sera grand. Et le black-out des autorités sur la compilation des résultats n’est pas fait pour arranger les chosesC’est pourquoi il y a lieu de nourrir de sérieuses inquiétudes pour la RDC”, prévient-il.